Cette tribune a été rédigée par l’Observatoire des subventions et aides agricoles en France (Obsaf). La liste complète des signataires se trouve en fin de texte.
Pendant les fêtes de fin d’année, le foie gras s’impose de nouveau comme un produit symbole de terroir et de convivialité dans le paysage médiatique français. Cette séquence festive coïncide avec une actualité agricole marquée par la multiplication des crises sanitaires, dont la dermatose nodulaire contagieuse qui affecte aujourd’hui les élevages bovins, révélant les limites des politiques de biosécurité appliquées aux systèmes d’élevage.
Le premier rapport de l’Observatoire des subventions et aides agricoles en France (Obsaf) déplace la focale en documentant une réalité peu discutée : celle d’une filière foie gras majoritairement intensive, massivement financée par l’argent public au point d’en devenir structurellement dépendante.
L’Obsaf a analysé les aides publiques pour la filière foie gras en Nouvelle-Aquitaine sur la période 2022-2025, en mobilisant des données européennes, régionales et départementales. Sur les 13 administrations interrogées, seules 7 ont communiqué l’intégralité des informations demandées. Certaines ont opposé des refus, d’autres sont restées silencieuses, contraignant l’Obsaf à saisir la Commission d’accès aux documents administratifs. Cette opacité empêche un suivi rigoureux de l’utilisation des fonds publics et affaiblit le contrôle démocratique sur les politiques agricoles.
Près de 13,8 millions d’euros de subventions publiques
Sur la période étudiée, près de 13,8 millions d’euros de subventions publiques irriguent la filière dans la région, sans même compter les aides sanitaires nationales. Une part importante de ces fonds alimente les plans de modernisation, orientés vers des investissements de biosécurité et de maintien de la production dans un contexte de…
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