« Monsieur le Président, en 2022, lors de la COP27, vous avez pris une position cohérente avec les travaux scientifiques et saluée par la société civile : soutenir l’interdiction de toute exploitation des grands fonds marins. Cette parole a compté, parce qu’elle a montré que la deuxième puissance maritime au monde pouvait choisir la prudence, la science, la protection du vivant plutôt que la précipitation industrielle.
Mais un an après la 3e Conférence des Nations unies sur l’océan organisée par la France à Nice, force est de constater que ce que vous avez appelé de vos vœux ne s’est pas traduit par un engagement suffisant de la France dans les négociations internationales, notamment au sein de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM).
Aujourd’hui, l’ambition française doit être concrétisée. À l’AIFM, la France peut faire basculer le rapport de force et remporter une victoire historique : une pause de précaution sur l’exploitation minière des fonds marins dans les eaux internationales.
L’exploitation minière des fonds marins n’est pas une industrie ordinaire. Elle menace des écosystèmes abyssaux encore très mal connus, dont les équilibres sont fragiles et les capacités de régénération largement incertaines. Les scientifiques et les ONG ne cessent de rappeler qu’ouvrir ces zones à l’extraction pourrait causer des dommages irréversibles pour les écosystèmes marins, les zones de pêche, le climat et les droits humains. Face à cette incertitude, le principe de précaution doit primer.
Un test pour le multilatéralisme
Le risque n’est pas seulement écologique. Il est aussi politique. Le décret signé par Donald Trump en avril 2025 pour accélérer l’ouverture de l’extraction minière en eaux profondes menace l’ordre juridique maritime. Ce faisant, les États-Unis contournent le droit international, fragilisent le rôle de l’AIFM et encouragent une logique…
Auteur: Greenpeace France

