De petits immeubles de deux ou trois étages aux murs ocres, jaunes ou rouge pastel, quelques arbres et un coq qui chante : difficile d’imaginer que la cité de la Paternelle, aux allures de village, a été un drive du trafic de drogue pendant plusieurs années, et le théâtre de règlements de comptes sanglants. C’était pourtant le quotidien des habitantes de cet ensemble HLM atypique du 14e arrondissement de Marseille, dans les quartiers nord, jusqu’en 2023, quand une opération de « pilonnage » policier a poussé le réseau à se déplacer vers d’autres quartiers. Ce mardi de février, sur les coups de midi, des dames chargées de marmites et de gâteaux arrivent au compte-goutte dans un local associatif situé en haut de la cité de 168 logements.
« On organise un dernier déjeuner tous ensemble avant le ramadan, qui doit commencer demain », fait savoir Fadela Hadjadji, présidente de l’association Jeunes Renaissance. Créée par le frère de cette dernière, Hacène, pour aider les jeunes de la Paternelle à trouver des perspectives, la petite structure a diversifié ses activités après le décès de celui-ci en 2019. « On a des groupes de paroles, on fait de l’aide aux devoirs pour les enfants, ou pour les tâches informatiques, des ateliers parents-enfants le mercredi… et des temps conviviaux comme aujourd’hui », énumère Fadela. « Et là, on voudrait faire un joli jardin avec des palmiers et des tables », ajoute-t-elle dans un sourire, en désignant une butte en escalier au-dessus de deux terrains de boules récemment aménagés. « Les hommes du quartier viennent y jouer le soir », raconte la quinquagénaire, qui travaille comme standardiste et a toujours vécu à la Paternelle.
Un peu plus loin, un gamin tape dans un ballon entre les grillages du petit city stade. Même si Fadela assure que le réseau de…
Auteur: Jean de Peña, Nina Hubinet

