Seignosse (Landes), reportage
Un craquement se fait entendre par-dessus le ronronnement des engins forestiers, aussitôt suivi d’un fracas : un pin vient de tomber, abattu par les agents de la coopérative Alliance forêts bois. Son tronc rejoindra bientôt les immenses pyramides de rondins dressées le long de la route qui relie Seignosse à Angresse (Landes).
Depuis début janvier, la coopérative forestière industrielle œuvre pour abattre des milliers de résineux dans un rayon de 500 mètres autour de la découverte d’arbres contaminés par un ver ravageur microscopique : le nématode du pin. Ce ver, qui peut tuer un pin maritime en quelques semaines, est classé « organisme de quarantaine prioritaire » par la législation européenne et un protocole obligatoire encadre sa découverte.
Ainsi, la zone de 500 mètres autour du foyer est déclarée « zone infestée » et fait l’objet d’une coupe rase. Un deuxième cercle est fixé avec une zone tampon de 20 kilomètres dans laquelle le transport de bois est réglementé et les travaux d’élagage interdits. Objectif : l’éradication du microorganisme.
Dans la « zone infestée », 98 % des arbres sont des pins maritimes. Dans l’ensemble du massif forestier artificiel landais, l’essence représente à elle seule 75 % des arbres. Cette monoculture, typique de la sylviculture industrielle, rend la forêt particulièrement vulnérable au nématode et son arrivée était redoutée.
Le coléoptère est au stade larvaire entre les mois d’octobre et de mars, les adultes n’émergent qu’au printemps. Le chantier se fait donc à toute vitesse pour vider les parcelles et les engins forestiers impriment la marque de leurs chenilles dans la glaise du sol mis à nu. Au loin, les cimes des pins maritimes étendent leurs couronnes vers le ciel dans l’attente de leur abattage prochain.
Un protocole daté ?
Pour Hervé Jactel, directeur de recherche à l’institut…
Auteur: Chloé Rébillard

