Forêts et parasites invasifs : et si on se trompait de suspect ?

L’orme est un arbre particulièrement vulnérable à certains parasites invasifs venus d’ailleurs. Pexels/Tonia Kraakman, CC BY

L’utilisation d’espèces d’arbres exotiques en forêt apparaît à certains comme une solution incontournable pour faire face à un changement climatique rapide. Plus résistantes à des températures élevées, elles rendraient nos forêts moins fragiles, par exemple face aux épisodes de sécheresse.

Cette pratique est pourtant controversée à plusieurs titres. Non seulement parce que ces espèces se révèlent parfois invasives, se dispersant alors de façon incontrôlée. Mais aussi parce que les flores et faunes associées à ces espèces sont souvent pauvres, d’autant plus qu’elles sont généralement plantées en monoculture en France.

Au-delà de ces risques pour les écosystèmes, cette pratique serait aussi responsable de l’introduction de microorganismes pathogènes et d’insectes ravageurs. Le livre blanc de la Société botanique de France sur l’introduction d’espèces d’arbres exotiques en forêt développe cette idée, l’illustrant en particulier avec le cas de la chalarose du frêne, une maladie qui a émergé ces dernières décennies.

Si cela était avéré, cette stratégie soulèverait une menace très sérieuse : les agents pathogènes invasifs représentent en effet environ 50 % des cas de maladies signalées par le Département de la santé des forêts, et cette proportion s’accroît.

Mais cette affirmation est-elle fondée ? Sait-on précisément comment les microorganismes attaquant les arbres s’introduisent dans les forêts ? Penchons-nous sur trois cas emblématiques.

La graphiose de l’orme

Parmi les épidémies les plus sévères ayant affecté la forêt européenne, la graphiose de l’orme arrive en tête. Deux épisodes successifs ont en fait été induits par deux espèces de champignon voisines (Ophiostoma ulmi et O. novo-ulmi).

La première épidémie est survenue…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Benoit Marçais, Directeur de recherche, unité de recherche « Interactions arbres-microorganismes », INRAE – Grand Est – Nancy, Inrae

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