Vivonne et Migné-Auxances (Vienne), reportage
Il faut faire preuve de patience pour manifester contre les mégabassines. Supporter les incessants contrôles policiers, les fouilles au corps, les confiscations d’objets personnels aussi innocents que des bouchons d’oreilles, des piquets de tente ou des masques chirurgicaux. Subir les menaces proférées par les autorités, comme le futur ex-ministre Gérald Darmanin qui a dit redouter « des actes d’une très grande violence » lors des mobilisations.
Il faut également surmonter sa peur de l’arsenal déployé : 3 000 gendarmes et policiers, 21 unités de forces mobiles, cinq hélicoptères et une dizaine de drones. Le douloureux souvenir de Sainte-Soline, où de nombreux manifestants avaient été gravement blessés en mars 2023, est encore dans toutes les mémoires.
Malgré tout, plusieurs milliers de personnes se sont réunies à Melle (Deux-Sèvres) pour réaffirmer leur opposition aux projets de mégabassines et surtout, appuyer la demande de moratoire, promise par le Nouveau Front populaire.
Après trois jours de conférences et de débats au Village de l’eau, les participants étaient invités à participer à un pique-nique dans la forêt de Saint-Sauvant. C’est dans cette commune que devrait être construite la prochaine nouvelle mégabassine en septembre.
Trois points de rendez-vous avaient été donnés : Poitiers, Saint-Maixent-L’École, et Vivonne. Pour les rejoindre, les militants comme les journalistes ont subi une succession de contrôles policiers, allant de la simple photo de la pièce d’identité à la fouille méticuleuse du véhicule ainsi que des fouilles au corps. « Ils m’ont pris mes bouchons d’oreille car ils nous ont dit que c’était du matériel de protection. Et que cela les empêchait de bien travailler car nous, on n’entendrait plus le bruit des grenades de désencerclement », raconte Alexa, une jeune militante à Vivonne.
« Mauvaise…
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Auteur: Laury-Anne Cholez

