Fouines, renardeaux… Trop de petits emmenés par erreur en centre de soins

Maisons-Alfort (Val-de-Marne), reportage

Un étonnant calme règne ce matin au Centre hospitalier universitaire vétérinaire pour la faune sauvage (CHUVFS) de Faune Alfort, à Maisons-Alfort. Difficile d’imaginer que se trouvent là, tapis dans leur couveuse ou dans un box individuel, pas moins de 200 animaux. Valentin, soigneur, cheveux vert pomme et blouse à motif ornithorynque, nettoie la cage d’un renardeau avant d’y placer une peluche pour « tenir compagnie » à l’animal. À ses côtés, Marion, vétérinaire, biberonne une portée de hérissons trouvée orpheline il y a quelques jours. Deux doigts lui suffisent pour maintenir le corps frêle de ses minuscules patients, le temps de les nourrir d’une pipette de lait.

La spécialiste, employée en renfort par l’École nationale vétérinaire d’Alfort (Enva) pour la saison, est bien rodée aux soins des juvéniles. Elle fait partie des dix membres de l’équipe soignante qui, chaque année, d’avril à septembre, affrontent le pic d’activité important du centre de soins dédié à la faune sauvage.

En cause : la période de reproduction de nombreuses espèces et la naissance de juvéniles — plus fragiles — au début du printemps. Mais aussi la méconnaissance de certains découvreurs : près d’un tiers des animaux recueillis seraient emmenés par erreur en centre de soins.

En 2023, un peu plus de 5 000 animaux ont été accueillis par le CHUVFS entre avril et août, soit plus de 60 % des entrées de l’année, selon un bilan interne consulté par Reporterre. Une période éprouvante pour le centre, qui compte sur les bénévoles, les services civiques et les dons de particuliers pour tenir la tête hors de l’eau.

En cette fin avril, si de nombreux juvéniles ont déjà été apportés au centre par des découvreurs inquiets, la situation est encore gérable. Dans la salle attenante, Lana, soigneuse stagiaire, surveille quinze canetons pendant leur bain quotidien….

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Auteur: Jeanne Bourdier