Depuis la gare routière de Donetsk, il est possible de prendre un bus ou des marchroutkas (taxis collectifs) qui vous déposent à Marioupol. Des départs sont programmés toutes les heures environ, du matin jusqu’à la fin d’après-midi. Olga, notre contact, nous y attend. C’est une responsable locale de la Croix Rouge et elle a réussi à nous trouver un appartement disponible à la location pour les quelques jours que nous avons prévu de rester sur place. Les hôtels ne sont pas nombreux et tous ne sont pas encore prêts à accueillir les touristes. Mais ils s’y préparent.
La première fois que nous sommes allés à Marioupol, avec Erwan, c’était en 2022. La bataille pour la prise de la ville, qui s’est déroulée du 24 février au 20 mai de cette année, venait de se terminer. La cité portuaire n’était alors qu’un champ de ruines à ciel ouvert. Aucun quartier ne semblait avoir été épargné par les intenses combats qui avaient opposé les forces russes appuyées par celles de la République populaire de Donetsk (RPD) aux membres de la Garde nationale ukrainienne et du sinistre Régiment Azov. Carcasses de voitures et de blindés, partout des débris et des inscriptions sur les murs où on pouvait lire : “enfants” ou encore “ici vivent des gens”. Mais aujourd’hui, Marioupol s’est transformée. À travers la vitre du minibus qui nous y emmène, Erwan et moi contemplons les nouveaux immeubles qui s’alignent le long de l’avenue sur laquelle nous roulons. De grandes tours dont les façades de verre reflètent la lumière du soleil. Au sol, des voitures et des passants, des bus remplis de passagers et, signe ultime d’une vie qui a repris ses droits, des enfants. En quatre ans, le paysage de dévastation a laissé sa place à celui d’une agglomération normale. « Incroyable », lâche Erwan.
Notre appartement se trouve dans le centre-ville. Ici, l’eau courante est disponible toute la journée, à la différence de…
Auteur: Loic RAMIREZ

