Si quelqu’un connaît le déchirement, au milieu des saillies entre la France et l’Algérie, c’est bien lui, le binational, à la fois Français et député des Algériens de l’étranger à Paris. Car c’est toujours Abdelouahab Yagoubi qu’on vient chercher, quand on veut arranger une affaire de papiers qui a pris le mauvais pli. Et les demandes d’intercession sont nombreuses, quelle que soit la rive de la Méditerranée d’où l’on vient.
Tantôt il faut appeler le consulat général français à Oran, pour défendre le cas d’un étudiant ; tantôt joindre l’un des 18 consuls algériens en France pour mettre de l’huile dans la relation grippée. Dernièrement, il a contacté celui de Besançon pour plaider la cause de l’association française Amis de la nature, désireuse de se rendre en délégation dans le Grand Sud algérien. Mais malgré des démarches administratives entamées dès septembre pour un départ prévu en décembre, le voyage n’a pas eu lieu.
Ère du soupçon
« J’ai fait tout ce que je pouvais. Ça fait mal au cœur, car c’est absurde de frustrer ainsi des bénévoles », regrette Abdelouahab Yagoubi, par ailleurs membre de la commission des affaires étrangères, de la coopération et de l’émigration de l’Assemblée nationale algérienne. « Il y a beaucoup de suspicions et de préjugés qui se répandent. Depuis juillet, malheureusement, les déclarations jusqu’au-boutistes ont pris le dessus, ce sont les populations ou des associations extraordinaires qui payent. »
Marthe Parent, présidente de l’association, est dépitée. Jamais il n’y avait eu de difficulté. À ses yeux, l’engrenage verbal entre Paris et Alger a joué en sa défaveur. « Cela fait du tort à nos deux pays, qui ont chacun beaucoup à perdre au fonctionnement actuel. »
Farida Souiah, docteure en science politique et professeure à l’école supérieure de commerce et de gestion EM Lyon, ne constate pas de «…
Auteur: Jean-Baptiste François (avec Akli Ouali, notre correspondant à Alger)

