France-Chine, 60 ans d’ambivalence

Le 27 janvier 1964, le général de Gaulle, de retour aux affaires depuis cinq ans, concrétise l’un de ses objectifs de politique étrangère : la reconnaissance de la République populaire de Chine (RPC). Quatre jours plus tard, lors d’une conférence de presse, il précise :

« La masse propre à la Chine, sa valeur et ses besoins présents, la dimension de son avenir la font se révéler de plus en plus aux intérêts et aux soucis de l’univers tout entier. Pour tous ces motifs, il est clair que la France doit pouvoir entendre directement la Chine et aussi s’en faire écouter. »

Reconnaissance tardive – elle intervient bien après celle effectuée par le Royaume-Uni en 1950, pour ne citer qu’un exemple – liée à une conjoncture défavorable (le Vietminh puis le FLN algérien étant soutenus par Pékin), mais reconnaissance effective conduisant, pour Paris, à la renonciation à tout contact diplomatique officiel avec l’« autre » Chine, la République de Chine, réfugiée sur l’île de Taïwan depuis 1949, avec à sa tête Chiang Kaï-chek. Soixante ans plus tard, les conseils du Général semblent plus que jamais d’actualité, tant la RPC est devenue un acteur incontournable des relations internationales.

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En 2024, le 60e anniversaire de cette reconnaissance devrait être célébré en grande pompe, tant cet exercice diplomatique est l’occasion de communiquer sur la coopération économique entre les deux pays (on se souvient du slogan, il y a dix ans, « 50 contrats pour le 50e anniversaire »).

Pourtant, en six décennies, le rapport de force entre ces deux membres du Conseil de sécurité de l’ONU a bien changé, au profit de la RPC. Cet anniversaire intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu : rivalité sino-américaine, guerre en…

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Auteur: Paco Milhiet, Visiting fellow au sein de la Rajaratnam School of International Studies ( NTU-Singapour), chercheur associé à l’Institut catholique de Paris, Institut catholique de Paris (ICP)