En Argentine, le 24 mars est une date symbolique fondamentale. C’est l’anniversaire du coup d’État de 1976, par lequel a commencé la plus sanglante des dictatures du siècle. 2026 est l’année du demi-siècle écoulé depuis l’avènement d’un régime dont la mémoire hante encore le pays, dans le contexte très particulier d’un grand retour des droites les plus extrêmes au pouvoir.
La mobilisation populaire était au rendez-vous − habituelle les 24 mars, elle avait toutefois fortement diminué depuis la pandémie. Massive, impressionnante, elle a répondu cette année aux multiples tentatives du gouvernement actuel de biaiser l’histoire de cette dictature, la banaliser ou justifier ses crimes (selon les tendances et les temps du « miléïsme »).
Dans ce contexte de grande tension mémorielle, les positions de la France et l’Allemagne n’ont guère été remarquées. Leurs ambassadeurs ont d’ailleurs probablement calibré leur intervention commune afin de ne susciter que peu d’intérêt.
Qu’ont-ils fait ?
Ils ont publié un texte commun affirmant leur soutien à la société argentine, laquelle a su faire face à son passé grâce à ses relais de mémoire exigeant vérité et justice. Les ambassadeurs ont aussi souligné leur attachement à la démocratie (cette dernière « ne se résume pas à des élections » observent-ils à juste titre), à l’État de droit, au droit international et aux droits humains. Le tout accompagné d’une photographie mettant en scène les deux ambassadeurs devant le monument des disparus dans le Parc de la mémoire au nord de Buenos Aires.

Auteur: Le Média

