Effectuée à partir des données et des notices de l’INA compilées entre le 1er novembre 2023 et le 1er juin 2024, notre étude met en lumière une couverture médiatique particulièrement fournie au printemps 2024. S’étalant du 25 avril au 8 mai 2024, la séquence concentre près de 85% des contenus (49).
Une médiatisation en partie décorrélée de la mobilisation
C’est en effet à partir du 25 avril que Sciences Po revient à l’antenne de France Inter, avec une simple brève focalisée sur l’opération policière ayant conduit à l’évacuation du campus occupé par des étudiants. Depuis ladite « polémique » de la mi-mars (soit plus d’un mois), aucun sujet spécifique relatif à la mobilisation en soutien du peuple palestinien n’est recensé à l’antenne par l’INA. On n’en trouve d’ailleurs aucune trace non plus entre le 1er novembre 2023 et le 13 mars 2024.
C’est un premier biais… et il est de taille : on constate ainsi qu’à l’antenne de France Inter, la médiatisation est en grande partie décorrélée de la mobilisation elle-même, indexée non pas sur l’agenda des étudiants, mais sur celui d’acteurs tiers qui interviennent sur le cours de la mobilisation en question, qu’il s’agisse ici de la police ou, comme à la mi-mars, de personnalités politiques. Au cours de ce long mois, comme des précédents depuis novembre 2023, le comité Palestine de Sciences Po Paris – pilier de la mobilisation, créé peu de temps après le 7 octobre et réunissant « 300 à 400 étudiants » selon Le Monde – a pourtant entrepris des actions et avancé des revendications. Non qu’il ne se passait « rien » : il ne se passait rien que la rédaction de France Inter juge digne d’une information.
Une chronologie journalistique qui dessine, en creux, l’influence asymétrique exercée par les différents acteurs d’un conflit auprès des rédactions, proportionnée au poids symbolique…
Auteur: Pauline Perrenot


