Frances Power Cobbe : Défendre les femmes, défendre les animaux, un même engagement

Frances Power Cobbe et Hajjin, son compagnon canin. Couverture de l’essai _The Pursuits of Women_ paru en 1863. Welsh Portrait Collection , CC BY

L’ESSENTIEL

  • Journaliste et militante, Frances Power Cobbe (1822-1904) a dénoncé, outre-Manche, les violences que subissaient les femmes mariées et qu’elle appelait « tortures conjugales » avant de consacrer son énergie à combattre la vivisection.

  • Le sort des femmes et celui des animaux obéissent, selon elle, à la même logique, celle de la propriété.

  • Sa pensée singulière fait écho à certaines revendications écoféministes contemporaines.


Des jets d’œufs pourris, des pierres, des bordées d’insultes. Dans l’Angleterre victorienne, c’est ce qui attendait les animalistes tout comme celles et ceux qui réclamaient des droits pour les femmes. Frances Power Cobbe a mené ces deux combats, et a compris ce qui les reliait.

Figure incontournable de la culture britannique du XIXᵉ siècle, elle reste pourtant peu connue aujourd’hui. Afin de participer à lui redonner une voix, voici un aperçu de ses combats et de ses nombreux travaux.

Une journaliste célibataire qui s’attaque à la « torture conjugale »

Née en Irlande en 1822, Cobbe s’installe en Angleterre en 1858 et y vit de sa plume en tant que journaliste et chroniqueuse. Dans ses articles, elle évoque de nombreux sujets d’avant-garde : l’instruction des femmes, les droits des épouses, la situation des célibataires – qu’elle connaissait elle-même –, les difficultés qui se présentaient aux femmes dans les carrières artistiques, littéraires, philanthropiques ou médicales.

Elle prit la défense des épouses battues, en analysant finement les causes de la violence conjugale, qu’elle appelle « torture conjugale » et qu’elle juge systémique. Son article « La torture des épouses en Angleterre » a eu une influence telle qu’il a contribué au vote d’une loi sur le divorce en 1878,…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Émilie Dardenne, Professeure des universités, Université Rennes 2