La rapporteuse des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, se trouve une fois encore exposée à une campagne politique qui la prend pour cible, à la fois comme personne, comme incarnation d’une éthique juridique, et comme position indépendante, refusant toute transaction au rabais avec le droit international et les exigences qu’il impose s’agissant des Palestiniens et des crimes israéliens perpétrés à leur encontre.
Cette nouvelle offensive contre l’avocate italienne – devenue, depuis le début de la guerre génocidaire à Gaza, l’une des voix les plus audibles dans la documentation des violations et l’imputation des responsabilités – s’édifie sur la falsification d’une intervention enregistrée qu’elle avait adressée au Forum Al Jazeera, récemment tenu à Doha. Elle y participait (par vidéo préenregistrée) à une séance intitulée « La question palestinienne : défis et opportunités de la mise en cause des responsabilités et de la primauté du droit », aux côtés de Fatou Bensouda, ancienne procureure de la Cour pénale internationale, et d’autres juristes et défenseurs des droits.
Dans son propos, Albanese évoquait un système mondial où s’entrelacent et se renforcent des intérêts économiques et politiques, au détriment des droits et de la loi, et qui a rendu possible, et rend encore possible, le génocide en cours à Gaza. Elle considérait ce système comme un ennemi commun de l’humanité. La manipulation, ou plutôt la falsification politique, a consisté à tronquer sa vidéo, à en retrancher quelques mots, puis à la rediffuser de manière à donner l’impression que, lorsqu’elle parlait d’« ennemi de l’humanité », elle visait directement Israël.
À partir de là, la campagne s’est emballée en France, sous l’impulsion de la députée de la huitième circonscription des Français de l’étranger, Caroline Yadan,…
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