Un continent sans forêts primaires
Les forêts primaires font partie des écosystèmes les plus riches de la planète. Ce sont des forêts qui n’ont jamais été défrichées ou exploitées par l’homme. Si elles l’ont été par le passé, l’écoulement de plusieurs siècles peut gommer les dégradations de l’action humaine et redonner à ces forêts leur caractère primaire.
« La forêt primaire, c’est le lieu sur la terre ferme où il y a la plus grande concentration de biodiversité », explique Damien Saraceni, Co-délégué général de l’association Francis Hallé, pour La Relève et La Peste.
« Ce sont des arbres à leur taille maximale, des sols au maximum de leur fertilité, un maximum de filtration des eaux, de captation du carbone, l’atténuation d’événements climatiques, etc. C’est un écosystème fonctionnel. »
Si elles sont associées aux latitudes tropicales dans l’imaginaire collectif, les forêts primaires ont aussi recouvert l’Europe par le passé. Mais les défrichements humains ont eu raison de la quasi-totalité d’entre elles.
Aujourd’hui, les forêts du vieux continent sont presque toutes des forêts secondaires : des massifs ayant subi d’importantes modifications par l’action humaine. Seule une partie préservée de la forêt de Białowieża, à la frontière entre la Pologne et La Biélorussie, permet d’imaginer ce à quoi ressemblerait des forêts tempérées de plaines européennes en libre évolution.
Des bisons à Bialowezia
Renaître une forêt primaire en Europe de l’Ouest
En 2019, attristés par la quasi-absence de forêts primaires européennes, Francis Hallé accompagné de scientifiques, de naturalistes, d’artistes et d’autres citoyens, se lance dans un projet ambitieux et unique : laisser renaître une vaste forêt primaire en Europe de l’Ouest.
« Francis Hallé éprouvait de l’amour et de la fascination pour les forêts primaires », raconte Damien…
Auteur: Eloi Boye

