En collaboration avec Regards.
François Bayrou a décidé d’ouvrir le débat sur « qu’est-ce que c’est qu’être Français ? » Officiellement, il le fait en se démarquant des positions de Gérald Darmanin qui, lui, a prétendu « que le débat public [devait] s’ouvrir sur le droit du sol dans notre pays ». En fait, Bayrou s’inscrit dans la droite ligne de Nicolas Sarkozy qui, sitôt élu en 2007, avait proposé de débattre en grand de « l’identité française ».
Il s’y résout alors que la situation de Mayotte a réactivé le sentiment de « submersion migratoire » et que la crise politique a conforté la place centrale occupée par l’extrême droite sur la scène publique française et européenne. Nul ne devrait ignorer que c’est elle qui imprègne les idées et les mots, les doutes, les angoisses et les peurs. Notre premier ministre intérimaire n’en a cure, comme s’il ne savait pas que la France pourrait bien payer un prix très lourd pour cette capitulation.
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Quand Sarkozy lance son grand débat, il vient de triompher de la gauche incarnée par Ségolène Royal et il a terrassé au premier tour celui qui était parvenu au second tour de la présidentielle de 2002, Jean-Marie Le Pen. Il est persuadé d’être désormais le maître du jeu et il a le soutien d’une partie non négligeable de l’intelligentsia de droite. Pour Alain Finkielkraut, par exemple, il n’y a rien de plus important que de « sortir de l’indifférencié par l’affirmation […] de l’identité nationale ». Quant à la politiste Dominique Schnapper, spécialiste reconnue de la « nation citoyenne », elle voyait dans le regain d’attention à l’identité une réponse saine aux déboires de la construction…
Auteur: Roger Martelli

