On compte 50 000 morts à Gaza. Israël tue par les bombes, affame et empoisonne par la privation d’eau potable. Et pendant ce temps-là, en France, on ne trouve rien de plus urgent que de traquer ceux qui laissent parler leur indignation. C’est ainsi que l’un des plus éminents islamologues, directeur de recherche émérite au CNRS, François Burgat, se trouvera, le 24 avril, à comparaître devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence pour « apologie du terrorisme ».
Ses contempteurs n’ont certainement pas lu son ouvrage principal L’Islamisme en face qui sert de référence à tous ceux qui travaillent sur l’histoire du conflit. Pire que l’ignorance, c’est le mépris du savoir et le déni de réalité qui les animent. Que les extrémistes de l’Organisation juive européenne (OJE) tentent de faire taire Burgat et bien d’autres n’est guère étonnant. Ce qui est scandaleux, c’est qu’il se trouve des ministres pour donner suite à leur démarche de haine.
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L’attaque du 7-Octobre est clairement un acte terroriste. Mais comment qualifier la terreur répandue par le gouvernement israélien d’extrême droite ? La réponse est une évidence. Mais il est interdit de le dire. Burgat a eu le tort de le dire sur X (Twitter) en des termes que l’on peut juger excessifs. Mais c’est clairement un procès politique qui lui est intenté par une organisation qui vient de qualifier d’« infâme » la prise de position de la France de reconnaissance d’un État palestinien. De quel côté est le crime ?
Auteur: Denis Sieffert

