François Ruffin : « Le moyen de sortir de la crise climatique, c'est le travail »

C’est une campagne plutôt inhabituelle. Le candidat à l’élection présidentielle François Ruffin (président du mouvement politique Debout !) a passé le mois de juillet à faire de l’autostop pour « retrouver le réel » et récolter des parrainages. Après avoir longtemps plaidé pour une grande primaire de la gauche — qui rassemblera finalement uniquement le Parti socialiste et Place publique — il maintient sa candidature, sans cesser d’appeler à « rassembler [son] camp ».

Député de la Somme, il siège avec le groupe écologiste et social à l’Assemblée nationale, depuis sa rupture avec La France insoumise en 2024. Il publiera le 10 septembre un cahier de campagne sur le « travaillisme écologique ». Le même jour, paraîtra l’ouvrage collectif Pour une économie de guerre climatique (éditions Salvator), dirigé par François Ruffin et l’ingénieur Vincent Burnand-Galpin.

Reporterre — Cet été 2026 a été marqué par une sécheresse historique, des canicules et des incendies à répétition. Comment l’avez-vous vécu ?

François Ruffin — La canicule a été symbolisée par des couvertures de survie sur les fenêtres des Ehpad, des hôpitaux, des écoles — des trucs de débrouille. Elle a montré l’incapacité de nos dirigeants à protéger les personnes âgées, les enfants, les malades. On a aussi vu leur incapacité à protéger des incendies, ne serait-ce qu’en fournissant aux pompiers les Canadair qui étaient promis, les camions-citernes ou des cagoules filtrantes.

À partir du moment où on a des chefs qui ne sont plus capables de protéger, le désir des gens, c’est de se débarrasser de ces chefs. Pour ça, il faut des perspectives d’action. Je considère qu’on a trois défis majeurs en France : le défi productif (on ne peut pas être un grand pays sans industrie et sans une agriculture qui assure notre autonomie) ; le défi démographique (parce qu’il y a de plus en…

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Auteur: Fanny Marlier, Justine Guitton-Boussion