Cela a beaucoup été dit à gauche : le résultat inattendu du 2nd tour des élections législatives a constitué à la fois un sursaut et un sursis, mais il ne suffira pas, loin de là, à faire reculer durablement l’extrême droite. Se pose donc la question cruciale : comment élargir le bloc social et électoral de la gauche afin de vaincre à la fois le macronisme et le lepénisme ?
François Ruffin avance depuis quelques années des propositions, mais sont-elles convaincantes ? Paul Elek les discute dans cet article en montrant que, si le député de Picardie a raison de pointer l’enjeu crucial du vote populaire, les moyens ou solutions qu’il propose ont toutes les chances de manquer leur cible dans la mesure où il esquive la nécessité d’une bataille d’ensemble contre le racisme.
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« L’opportunisme « honnête » est peut-être le plus dangereux de tous » (F. Engels, Critique du projet de programme social-démocrate de 1891)
Quelques jours avant le second tour des élections législatives, François Ruffin, en difficulté dans la 1ère circonscription de la Somme, faisait le choix de distribuer un tract dans lequel il mettait en scène sa rupture avec Jean-Luc Mélenchon. Un geste justifié par le fait que l’ancien candidat à la présidentielle représenterait un « boulet » et un « obstacle au vote » à gauche dans la Somme.
Cela faisait quelque temps que cette pittoresque bromance réapparaissait inlassablement dans les médias dominants, à travers un étalage de désaccords assez improductif car rarement assis sur un propos dépassant la saillie médiatique. Trois jours après le résultat et sa réélection, le député de la Somme se livrait dans un entretien avec le journal Le Monde paru le 10 juillet 2024. Une occasion pour lui de consommer la rupture annoncée, et de préciser le contenu de ses divergences stratégiques.
Au-delà de certains constats à la pertinence indéniable, les mots durs…
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Auteur: redaction

