| Vous lisez notre série « Les défenseurs de l’océan », publiée pour la Conférence des Nations unies sur l’océan qui se tiendra à Nice du 9 au 13 juin. |
François Sarano est océanographe, plongeur et fondateur de l’association Longitude 181. Marine Calmet est juriste, spécialiste des droits de la nature et présidente de l’association Wild Legal. Tous deux viennent de publier Justice pour l’étoile de mer (éd. Actes Sud). Dans cet ouvrage vibrant, à la croisée du droit et de la science, ils expliquent pourquoi la survie des écosystèmes marins dépend de la reconnaissance des droits de l’océan.
Reporterre — Peut-on attendre des actes concrets à l’issue de la troisième conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc 3), qui s’ouvre le 9 juin à Nice ?
François Sarano — Nous aimerions que l’idée des droits de l’océan en tant que communauté des vivants soit inscrite dans la déclaration de Nice [qui sera publiée à son issue]. Nous avons lancé une pétition en ce sens.
Dans l’esprit du grand public, le vivant n’existe pas. On ne s’intéresse qu’à quelques espèces emblématiques, comme les dauphins. Mais la mer, ce sont plus de 250 000 espèces décrites, et des millions dont on ignore encore tout. Pour leur rendre justice, il faut leur donner un droit d’existence. C’est seulement ainsi que nous pourrons limiter les dégâts collatéraux de nos activités.
Marine Calmet — Certes, ce texte sera à valeur symbolique, et non un accord contraignant. Mais il dictera les actions phares que la communauté internationale doit mener. Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal évoque les droits de la nature comme un levier d’action pour protéger le vivant. Il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas à Nice.
En quoi le droit, dans sa forme actuelle, échoue-t-il à protéger l’océan ?
Marine Calmet — Notre droit maritime date du XVIIe siècle. Il…
Auteur: Hortense Chauvin

