En décidant de bombarder l’Iran, les États-Unis d’Amérique entrent avec fracas dans le conflit qui oppose ce pays à Israël. Pour un mieux ou pour le pire ? Depuis des mois, le gouvernement israélien, qui s’est félicité dès dimanche matin de cette intervention américaine, claironne ses intentions de remodeler la région. Ces deux pays alliés sont-ils en train de renverser la table devant un reste du monde impuissant ? En tout état de cause, ce nouvel épisode dans le conflit ajoute, si cela était encore possible, du chaos. Le président Trump a beau se vanter d’une opération « très réussie », il en ressort plus de questions que de certitudes.
Les frappes sur les infrastructures nucléaires iraniennes avec des méga-bombes lancées par des bombardiers furtifs et des missiles par les sous-marins lanceurs d’engins, autant dire ce que l’armée américaine compte de plus performant, se veulent un avertissement suffisamment clair, pour l’Iran et pour tout autre pays, pour ne pas se lancer dans la production d’une arme atomique. Elles pourraient tout aussi bien être, au contraire, une incitation à s’en doter le plus rapidement possible, afin de ne pas se voir infliger de telles corrections.
Après cinq mois de pouvoir de la nouvelle administration américaine, l’espoir d’une régulation pacifiée des relations interétatiques grâce au droit et la diplomatie semble définitivement enterré, au profit des intérêts de celui qui possède les armes les plus fortes. Les Américains soutiendront-ils encore cette idée qui est la leur, quand la Chine fera valoir sa force face à Taïwan ou quand la Russie redoublera de la sienne pour vaincre en Ukraine ?
Qui ne voit que la paix est aux antipodes de cette dérive ? Face à l’orgueil des gouvernants, la souffrance et l’humiliation des populations ne font hélas pas le poids. Or, ce devrait être l’inverse ; ce serait un renversement de table…
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