Fraude à la viande de cheval : le trafic lucratif continue

L’opération a mobilisé pas moins de 65 gendarmes. Les 8 et 9 septembre, des perquisitions se sont déroulées dans neuf centres équestres ou sociétés de commerce de chevaux situés dans plusieurs départements (Gard, Saône-et-Loire, Haute-Saône, Mayenne, Sarthe, Gironde). Les gendarmes agissaient dans le cadre d’une enquête sur un trafic de chevaux à grande échelle, déclenchée par les autorités belges et impliquant aussi des acteurs en Irlande et aux Pays-Bas. Au cœur des soupçons : la falsification des passeports des animaux et la manipulation de leur puce d’identification pour une possible utilisation alimentaire illégale. En France, sur les quelque 600 chevaux contrôlés lors de l’opération, 70 ont été saisis, indique la gendarmerie nationale à Reporterre.

« Le problème est systémique car la fraude est lucrative »

L’affaire ravive le souvenir du scandale des lasagnes à la viande de cheval, mis à jour en 2013. À l’époque, le trafic impliquait un abattoir roumain, un trader néerlandais et un industriel français. « En réalité, il y a eu de nombreuses autres affaires en Europe, depuis. Le problème est systémique car la fraude est lucrative : plutôt que de payer pour envoyer un cheval à l’équarrissage, on le vend en le faisant entrer dans la chaîne alimentaire », dénonce Ingrid Kragl, directrice de l’information de l’association Foodwatch.

Dans l’affaire des lasagnes en 2013, le cheval avait été mélangé à de la viande de bœuf et incorporé, à l’insu des consommateurs, dans des plats préparés (lasagnes mais aussi hachis parmentier, raviolis, moussaka…) vendus sous des dizaines de marques. Et aujourd’hui ? « À ce stade, on ne sait pas où est partie cette viande : a-t-elle été exportée ? A-t-elle servi à fabriquer des croquettes pour chiens ou chats ? Ou a-t-elle été utilisée pour la consommation humaine, mélangée ou non à d’autres viandes dans…

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Auteur: Benjamin Douriez