Fraude amoureuse en ligne de type « Brad Pitt » : les victimes sont influencées par des mécanismes psychologiques complexes

Une escroquerie amoureuse hors norme fait le tour de la planète ces jours-ci, suscitant des railleries envers la victime, accusée de naïveté extrême.

L’histoire d’Anne, une Française âgée d’une cinquantaine d’années, a été diffusée sur TFI dimanche. Elle raconte avoir versé 830 000 euros (1,2 million de dollars) à des escrocs se faisant passer pour un Brad Pitt amoureux d’elle et malade. Ils envoyaient de faux selfies, générés par l’intelligence artificielle.

Anne est aujourd’hui ruinée et a fait trois tentatives de suicide. Le reportage a depuis été retiré de toutes les plates-formes par TF1 en raison de cette vague de harcèlement.

Pourtant, les recherches montrent que les victimes de fraude amoureuse ne sont pas aussi dépourvues de jugement qu’on pourrait le croire. Au contraire, une grande partie d’entre elles ont reçu une éducation supérieure.

En tant qu’experte dans le domaine des fraudes technologiques, je tenterai de mettre en lumière le schéma type d’une fraude amoureuse et d’exposer les facteurs psychologiques qui rendent les victimes vulnérables à ce type d’arnaque.

Une arnaque qui exploite les émotions

La fraude amoureuse, également appelée arnaque sentimentale, est une forme d’extorsion qui exploite les émotions humaines. Les fraudeurs utilisent des relations sentimentales fictives, souvent créées en ligne, pour soutirer de l’argent ou des biens à leurs victimes. Selon le Centre antifraude du Canada, 1 420 signalements de fraude amoureuse ont été recensés en 2022, représentant des pertes totales de 59 millions de dollars.

Bien que ce type d’escroquerie touche autant les hommes que les femmes, les victimes partagent souvent des profils psychologiques et comportementaux similaires.

Comment opèrent les fraudeurs ?

Malgré la diversité des stratégies employées, les escroqueries sentimentales suivent souvent un schéma prévisible.

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Auteur: Annie Lecompte, Associate professor, Département des sciences comptables, Université du Québec à Montréal (UQAM)

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