« Les hommes progressent quand ils plaident coupable : oui, nous sommes parfois des connards ; certes, nous avons bousillé l’environnement ; d’accord, nous avons déclenché toutes les guerres. Aucun homme ne peut être fier d’avoir dirigé le monde pendant des milliers d’années, considérant le résultat. Il n’y a pas de quoi pavoiser. Des millions de morts pour aboutir au réchauffement climatique : tout ça pour ça ? Je comprends qu’on nous présente l’addition. Les mecs, nous sommes responsables de l’esclavage, des génocides et de la colonisation, de la mondialisation pétrochimique, de la pollution plastique et de la bombe nucléaire. »
C’est Frédéric Beigbeder qui parle, dans le Figaro Magazine. Alerte ! Le magazine qui encense Éric Zemmour, qui a joué un rôle central dans la médiatisation du mot « islamo-gauchisme » et qui déjà en 1985 faisait sa une sur un futur « grand-remplacement » fantasmé, un magazine longtemps plus à droite que son quotidien – qui vire désormais lui-même à l’extrême droite – serait-il devenu woke ?
Pas d’inquiétude : le Figaro Magazine n’est pas devenu woke, loin de là.
Il y a une première à tout : me voici face à plusieurs lignes rédigées par Frédéric Beigbeder avec lesquelles je suis en accord sur le fond. Veuillez, si vous le voulez bien, imaginer un instant le public-cible du magazine, par exemple un grand bourgeois issu d’une riche famille industrielle assis sur un canapé en peau de léopard (toute ressemblance avec un récent interviewé des « Pieds sur terre » ne serait pas fortuite), lire ces phrases et recracher son café.
Ça ne doit pas arriver si souvent, que le Figaro Magazine fasse recracher le café des grands bourgeois, alors, Frédéric, si tu me lis : merci pour ce moment, et félicitations pour avoir ouvert un livre d’histoire, de féminisme ou de sociologie, bref un livre qui…
Auteur: Pauline Bock

