Depuis quatre mois, Rexhino Abazaj, dit « Gino », militant antifasciste albanais, est incarcéré à la prison de Fresnes. Arrêté à Montreuil en novembre dernier par la sous-direction antiterroriste, il est sous la menace d’une extradition vers la Hongrie. Depuis des mois, collectifs, politiques, associations et syndicats se mobilisent pour sa libération.
L’affaire commence en février 2023, à Budapest, lors du « jour de l’honneur », une commémoration annuelle de la tentative avortée des troupes allemandes et hongroises de briser le siège de la ville par l’armée soviétique en 1945. Un rassemblement au cours duquel des milliers de néonazis venus de toute l’Europe défilent sous le regard complaisant du gouvernement de Viktor Orbán.
Un mandat d’arrêt contesté
C’est dans ce contexte, cette année-là, qu’une manifestation antifasciste est organisée contre la tenue de ce rassemblement de nostalgiques du nazisme. Gino est accusé d’y avoir participé et fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par la Hongrie pour « participation à une organisation criminelle » et « coups et blessures provoquant un risque immédiat de mort ».
Est-ce qu’on a envie aujourd’hui d’avoir une justice française qui se livre aux ordres de Victor Orbán en lui remettant un militant antifasciste ?
T. Portes
Il n’est pas le seul : dix-sept militants antifascistes sont poursuivis dans le cadre de cette affaire, dont l’eurodéputée italienne Ilaria Salis, qui a passé plus de quinze mois en détention préventive, dans des conditions dénoncées comme inhumaines, avant d’obtenir une assignation à résidence. En revanche, plusieurs participants néonazis, suspectés d’avoir violemment agressé des contre-manifestants, sont relâchés sans poursuites.
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Auteur: Maxime Sirvins

