Dans une séquence où l’on ne cesse de s’identifier aux années 1930, d’analyser ce qui nous en approche ou nous en éloigne, et que l’on se demande ce qu’on attend vraiment du Nouveau Front Populaire sans forcément aboutir à des réponses concluantes, l’appel lancé par Georges Bataille au sein du groupe Contre-Attaque en novembre 1935, republié ici présente une perspective plus évidente, fait signe vers nous plus franchement.
Quelques éléments de contexte : en novembre 1935, le Front Populaire – coalition électorale formée, en vue des législatives d’avril 1936, par trois principaux partis supposés irréconciliables, la SFIO (lointain ancêtre de gauche du PS), le Parti Radical (plutôt centriste) et le Parti Communiste (aligné sur Moscou), pour barrer la route aux forces d’extrême-droite antiparlementaristes – tarde à organiser ses alliances et ses désistements, et à formuler son programme. Les tractations politiciennes n’en finissent plus. Or la grande manifestation du 12 février 1934, formée en réponse au défilé fasciste (de ligues nationalistes et de groupes d’anciens combattants comme les Croix-de-Feu présidés par le Colonel de la Rocque, cité dans le texte) du 6 février à la Concorde, a laissé la marque d’un soulèvement du peuple ouvrier contre le fascisme et contre le capitalisme à la fois. Et celle, massive, du 14 juillet 1935, entendait affirmer l’unité d’un peuple de gauche, anti-autoritaire et progressiste, contre toute division interne. C’est sur les traces d’un tel Éros social, capable d’orienter les enjeux syndicaux et électoraux sans s’y résumer, en les débordant par la rue, que les membres de Contre-Attaque veulent revenir et s’inscrire, avec le projet plus vaste de constituer une force révolutionnaire susceptible de rivaliser avec le fascisme – c’est-à-dire de lutter contre le fascisme sur son propre terrain, celui des masses organisées et…
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Auteur: dev

