Dans les années 1920, suite aux défaites des mouvements ouvriers révolutionnaires (en Allemagne, en Hongrie ou encore en Italie), l’Internationale communiste enrichit ses perspectives stratégiques à partir des axes de front unique et de gouvernement des travailleurs. Il s’agissait alors de penser la mise en action de la classe travailleuse en prenant sérieux l’ancrage durable et profond des organisations (et illusions) réformistes en leur sein.
Cet héritage stratégique demeure méconnu. Pourtant, revenir sur ces débats – comme le fait ici Martin Mosquera, animateur de la revue Jacobin América Latina – peut enrichir les discussions actuelles sur la stratégie de la gauche, en particulier en France où se pose de manière brûlante la question des alliances, de l’orientation stratégique et programmatique de son aile radicale, et des rapports avec les mouvements sociaux et l’action de masse.
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On assiste depuis quelques années à un certain renouveau des discussions stratégiques, le plus souvent orientées dans la même direction : les débats autour d’une possible » voie démocratique vers le socialisme » – alternative au léninisme et à la social-démocratie – la redécouverte de Nicos Poulantzas (1936 – 1979) en Amérique latine et en Europe et la revalorisation plus originale du Kautsky (1854 – 1938) d’avant 1910 dans la nouvelle gauche anglophone.
Ce renouveau est sain et exprime un nouveau climat politique. Souvent, cependant, les débats qui visent à actualiser la stratégie socialiste se caractérisent par une description simplifiée de la tradition qu’ils cherchent à dépasser. Cela peut avoir une utilité expositive dans la mesure où cela permet de mettre en évidence les nouveautés et les points de rupture. Mais une reconstruction appauvrie de la tradition nous prive de références qui sont encore utiles pour les débats contemporains et cache plus qu’elle n’éclaire.
Dans le…
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Auteur: redaction

