Fuir le Château des Vampires

Nous publions ce lundi la traduction d’un excellent texte de Mark Fisher datant de novembre 2013. S’il n’est plus rare, désormais, d’entendre des gens exprimer leur dénuement et leur fatigue devant les mille et un petits tracas et autres atermoiements illimités constitutifs des cercles militants petits bourgeois – obsessionnellement organisés comme des cours de récréation, peuplées de cool-kids primaires, dont l’unique soin est de surajouter, comme pour l’approfondir, une couche de bacs à sables sur le désert –, dans les années 2000, ce mode sacerdotal, éminemment moralisateur et individualisant, de « politisation » des identités était, en quelque sorte, en gestation. Alors que, de toute évidence, le plus grand progrès politique du contexte postmarxiste, autonome et néo-anarchiste aura été, justement, de politiser nos relations personnelles et de poser les politiques de l’amitié comme éléments d’une éthique politique viscérale ; il ne faudrait pas replier l’éthique politique – la politisation de nos relations personnelles – sur la morale, la moralisation et les modes de contritions de type chrétien. Politiser nos relations, c’est probablement, justement, surmonter la logique culpabilisatrice pour nouer, anarchiquement, éthique et politique – vécus personnels de classe, race et de genre. Surmonter cette logique-là, c’est d’abord sortir du Château des Vampires et, pour cela, il faut en connaître les règles. Avec Fisher, c’est chose faite.

Cet été, j’ai sérieusement envisagé de me retirer de tout engagement politique. Exténué, surmené, improductif – je me suis retrouvé à errer sur les réseaux sociaux, où j’ai senti ma dépression et mon épuisement s’accroître.

Le Twitter « de gauche » n’est bien souvent qu’un pitoyable et désolant désert. En début d’année, des tempêtes de tweets ont eu lieu, très médiatisées, au cours desquelles quelques…

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Auteur: dev