Fuites de données : tous vulnérables mais pas tous égaux

« Restez vigilants. » Le conseil accompagne désormais presque rituellement les annonces de fuites de données. Après avoir reconnu, le 14 août, le vol d’informations concernant au moins 678 000 particuliers et professionnels, la Direction générale des finances publiques (DGFIP) a, elle aussi, incité les contribuables concernés à redoubler d’attention. « Nous vous invitons à la plus grande vigilance. »

Les données dérobées sont pourtant loin d’être anodines : noms et prénoms, revenu fiscal de référence, quotient familial, taux de prélèvement à la source, mais aussi, selon les personnes concernées, certaines informations cadastrales. L’intrusion est terminée, mais les données, elles, sont bel et bien définitivement dans la nature. Pour les centaines de milliers de personnes concernées, une question se pose : qu’est-ce que des personnes mal intentionnées pourraient faire de leurs informations ?


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« Tout le monde ne peut pas avoir le même degré de vigilance », relève Corinne Hénin, experte en cyber­sécurité indépendante et auprès du tribunal de Montpellier. Elle imagine le cas d’une personne âgée, habituée pendant des décennies aux courriers de l’administration fiscale, qui recevrait demain un faux formulaire papier comportant son nom, son adresse et de véritables informations fiscales. Là où un contribuable rompu aux démarches numériques pourrait s’étonner de ce retour soudain au papier, un autre y verrait sans doute un gage de crédibilité.

La vigilance, une ressource sociale

Cette différence ne se réduit pas à une opposition entre « jeunes connectés » et personnes âgées perdues devant un écran….

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Auteur: Maxime Sirvins