La Commission européenne a cédé à la pression des géants du gaz en acceptant d’ajourner d’un an la mise en place d’une obligation de reporting sur les fuites de méthane. C’est une demande des lobbies de l’énergie qui utilisent la situation de crise pour attaquer toute nouvelle contrainte.
« Ce règlement n’est pas à l’origine de la crise actuelle des prix de l’énergie ni des perturbations d’approvisionnement », ont réagi 50 ONG environnementales européennes, dont Greenpeace, le Réseau Action Climat, les Amis de la Terre France et Clean Air Task Force. Ironie de l’histoire, la lutte contre les fuites accidentelles pourrait au contraire être une solution, car 200 milliards de mètres cubes de gaz s’évaporent chaque année dans le monde en raison de problèmes sur les installations gazières, selon ces ONG. C’est deux tiers de la consommation annuelle de gaz de l’UE.
Le méthane est un gaz qui présente des propriétés 80 fois plus réchauffantes pour le climat que le CO2. Les fuites émanant des installations gazières et le « torchage » du gaz non valorisé sont responsables d’un tiers du dérèglement climatique.
Un début de prise de conscience à l’échelle européenne s’est traduit en 2024 par l’instauration d’une obligation de reporting et d’exigences nouvelles en matière de surveillance. Les entreprises gazières devaient quantifier, à partir de 2027, les fuites sur leur réseau.
Le report d’un an proposé le 14 octobre par la Commission européenne doit désormais être débattu au Conseil européen. L’industrie réclame quant à elle un délai de trois ans et d’autres assouplissements sur la nouvelle réglementation.
Notes
Sur une période de vingt ans
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