Sébastien Lecornu est de nouveau au cœur de la polémique après avoir saisi la justice à la suite de fuites dans la presse concernant les arbitrages du budget 2027. En cause : un article des Echos révélant que le gouvernement envisageait notamment de taxer davantage l’épargne salariale pour tenter de ramener le déficit public à 5 % du PIB. Une pratique pourtant loin d’être inhabituelle : les fuites de mesures budgétaires dans la presse sont même devenues une tradition, les journaux servant parfois de relais à des « ballons d’essai » gouvernementaux.
Mais cette fois, Matignon a décidé de recourir à l’article 40 du Code de procédure pénale, estimant que la publication de documents préparatoires pouvait « perturber le travail d’arbitrage » et porter atteinte à certains intérêts économiques. Pour un haut fonctionnaire de Bercy interrogé par Le Média, le message envoyé est clair : « fermez tous vos gueules ». Une décision qui pourrait surtout intimider hauts fonctionnaires et conseillers ministériels habitués à échanger avec les journalistes.
Le précédent le plus marquant remonte à 2019, lorsque Florence Parly avait saisi la justice après une enquête de Disclose sur des documents classifiés, une affaire qui avait notamment conduit à la garde à vue de la journaliste Ariane Lavrilleux en 2023.
Derrière cette affaire de fuites se joue donc un enjeu plus large : la protection des sources et la liberté de la presse. En cherchant à identifier ceux qui transmettent des informations aux journalistes, le gouvernement risque de fragiliser leur travail et d’installer un climat de peur autour de l’élaboration du budget de la Nation.
Auteur: Le Média
