Pour la deuxième fois depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron accueille, du 15 au 17 juin, un sommet du G7, la réunion des sept démocraties les plus riches du monde. Les images de chefs d’État devisant tranquillement sur les bords du Léman promettent d’être belles, mais elles masqueront difficilement les sourires crispés des protagonistes. Car il ne faut pas se méprendre : les fractures sont profondes entre ces nations, au point que le communiqué final, s’il existe, promet d’être aussi transparent que les eaux du lac.
Malgré tout et par-delà ces désaccords, il faut maintenir ce genre de rencontres. D’abord parce qu’on n’a rien trouvé de mieux, ni les sommets des puissances émergentes, ni l’éphémère conseil de paix imaginé par le président américain. Ensuite parce que c’est justement lorsque le rapport de force impose ses règles qu’il faut conserver un espace de dialogue et de recherche des solutions communes aux problèmes partagés : les déséquilibres de l’économie mondiale – le sujet qu’Emmanuel Macron a choisi de placer tout en haut de l’agenda – mais aussi la guerre en Iran, qui fait des milliers de morts au Moyen-Orient et fragilise toutes les économies du globe.
Une fois de plus, Donald Trump sera le personnage principal de la pièce, mais il arrive cette année plus affaibli que le laisse croire ses foucades. Sur le dossier iranien, il semble résigné à accélérer la conclusion d’un accord pour s’extraire d’une guerre impopulaire. Et s’il l’obtient, il aura aussi besoin du soutien des Européens pour déminer le détroit d’Ormuz. Concernant l’Ukraine, le rapport de force s’est quelque peu modifié depuis qu’il a choisi de s’en désintéresser. Dommage, dans ces conditions, que la présidence française ait accepté d’effacer de l’agenda la dette des pays pauvres et les enjeux climatiques pour plaire au président américain. Il…
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