Le secrétaire d’État américain Marco Rubio découvre ce vendredi 27 mars l’abbaye des Vaux-de-Cernay, dans les Yvelines, qui accueille la réunion des ministres des affaires étrangères du G7. Ses homologues canadien, britannique, allemand, italien et japonais, réunis par le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot, devraient le presser de clarifier la stratégie de la Maison-Blanche sur le conflit au Moyen-Orient.
L’ancienne abbaye, par son isolement, offre aux diplomates un lieu propice aux échanges. Ce qu’ils ignorent sans doute, ces vieilles pierres font désormais l’objet d’une attention différente chaque week-end. Des créateurs de contenus aux comptes Instagram bien fournis filment leur chambre, leur brunch, leurs promenades en barque sur l’étang pour leurs abonnés.
Du marécage au grand faste
L’histoire commence il y a près de mille ans dans un vallon humide de la forêt de Rambouillet. Le 17 septembre 1118, l’abbé Artaud installe une douzaine de religieux dans ce domaine marécageux offert par Simon III de Neauphle-le-Château. Les moines de Savigny défrichent, assainissent, construisent d’abord en bois puis en pierres de grès. En 1147, le rattachement de l’ordre de Savigny à Cîteaux fait des Vaux-de-Cernay une abbaye cistercienne.
L’essor est rapide. Aux XIIe et XIIIe siècles, l’abbaye rayonne intellectuellement et spirituellement. Son sixième abbé, Guy des Vaux-de-Cernay, suit Simon de Montfort dans la quatrième croisade. Les moines participent à la fondation de ce qui deviendra Port-Royal. Saint Louis vient rendre visite à l’abbé Thibaut de Marly, canonisé en 1270. Puis viennent les siècles difficiles : la guerre de Cent Ans, les guerres de religion, les abbés commendataires qui tirent les revenus sans entretenir les bâtiments.
En 1791, la Révolution dissout la communauté. Le mobilier est vendu, les…
Auteur: Margaux Acosta

