Il avait promis de ne pas faire « comme les autres ». Pas de grand entretien dans un hebdomadaire, pas de journal du 20 heures et pas de déclaration millimétrée depuis un salon feutré de la capitale. Gabriel Attal a choisi l’Aveyron. Rodez, Mur-de-Barrez, l’Aubrac et ses troupeaux en transhumance, un décor de carte postale rurale pour tenter de casser l’image du jeune prodige parisien formé à l’École alsacienne et élu des Hauts-de-Seine. L’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’élection présidentielle au cours d’un déplacement de deux jours dans le département. Une mise en scène travaillée jusque dans ses symboles : la France des villages, des traditions et des territoires pour celui qui incarne, aux yeux de ses adversaires, le macronisme urbain et technocratique. « Il y a des classiques auxquels il faut sacrifier. Parler de la France, de ses traditions, depuis la France, surtout pour quelqu’un comme Gabriel, c’est nécessaire », souffle un de ses soutiens à nos confrères de l’AFP.
Le parallèle est assumé jusque dans les rangs de Renaissance, Jacques Chirac hante la campagne Attal. Pas le président des dernières années, mais celui de 1995, l’outsider revenu coiffer au poteau Édouard Balladur. Une référence qui n’a rien d’innocent tant, dans l’entourage du secrétaire général de Renaissance, on compare désormais volontiers Édouard Philippe à l’ancien premier ministre…
Auteur: Emma Bador-Fritche

