Gabriel Attal est-il un “jeune homme brillant” ?

Par quoi commencer pour commenter la nomination de Gabriel Attal au poste de premier ministre et le tintouin médiatico-politique ? D’abord dire que, franchement, on s’en fout pas mal. Sous la Ve République à la sauce Macron, le Président décide tout et le Premier ministre sert à appuyer sur le bouton du 49-3 pour faire passer les lois sans débat parlementaire. Mais les bourgeois et les sous-bourgeois ne voient pas les choses comme ça : pour eux, la nomination d’Attal ressemble au jour où leur gendre a eu son premier CDI chez Axa. Les éditocrates adorent Attal comme ils aiment leurs gosses, avec leurs joues roses et leur “ascension fulgurante”. Car c’est en ces termes qu’est salué le parcours de Gabriel Attal, qui est le “plus jeune premier ministre” (Macron était le plus jeune président, il n’est désormais apprécié que par les plus vieux, mais passons) et que même le chef du Parti Socialiste, Olivier Faure (je ne sais pas si vous voyez qui c’est), qualifie de “jeune homme brillant”. C’est un terme qui revient au sujet d’Attal, “brillant”. Ce mot est révélateur des idées que la classe dominante raconte d’elle-même et se raconte à elle-même, et qu’elle projette sur ses “jeunes premiers”. Alors, brillant le jeune Attal ?

Les jeunes bourgeois ne peuvent que briller

Le qualificatif de “brillant” porte généralement sur le parcours scolaire et professionnel de quelqu’un. Il est chargé de jugement de valeur. On va rarement qualifier une personne très qualifiée dans le BTP ou la mécanique de “brillant”, et ce alors que la qualité des services rendus est souvent beaucoup plus facile à apprécier. Un parcours dit brillant comporte une série de titres scolaires et de postes prestigieux. Qu’en est-il pour Attal ? Fils d’un avocat puis producteur de cinéma, il grandit dans les beaux quartiers de Paris. Il fait sa scolarité à l’école Alsacienne, un établissement privé sélectif où la…

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Auteur: Nicolas Framont