Tandis que la guerre massive se poursuit à Gaza, que la Cisjordanie subit une colonisation d’une ampleur nouvelle, que le Liban est à nouveau la proie de bombardements intensifs, quels sont les projets du gouvernement israélien, où en est la société israélienne un an après le 7 octobre 2023, et que peuvent les mouvements pacifistes ? Gadi Algazi, universitaire israélien, militant anticolonialiste et pour l’égalité des droits, répond à nos questions.
Depuis octobre 2023, les dirigeants politiques et militaires israéliens évoquent la nécessité d’une guerre de type existentiel. Qu’en est-il ?
Gadi Algazi : Cette guerre a plusieurs objectifs. Le premier concerne la situation de Benyamin Netanyahou lui-même, face à ce qu’il risque en termes judiciaires pour corruption et autres. Jusqu’en octobre 2023, ses difficultés politiques et judiciaires étaient considérées comme un obstacle à l’aventurisme militaire. Mais, après octobre, les choses se sont renversées : il est dans une fuite en avant et prolonge la guerre qui vise aussi à reconstruire sa base politique et à éviter le procès. Ce qui renforce son alliance avec les fascistes radicaux comme Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich.
Au-delà de la dimension politique intérieure, cette guerre de caractère génocidaire, avec plus de 40 000 morts dans la bande de Gaza, une politique qui affame toute une population, répond aussi aux objectifs militaires et coloniaux de ce gouvernement. Les deux « couloirs » que Benyamin Netanyahou veut maintenir – l’un au sud, l’autre au centre, couloir dit « de Netzarim », d’est en ouest – visent à isoler le territoire mais aussi à séparer le nord du sud. Toute la région autour de la ville de Gaza serait…
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Auteur: Isabelle Avran

