« L’heure est grave. Appelez vos amis, peut-être qu’ils sont en train de dormir. Réveillez-les. On a besoin de soutien. » Un jeune délégué du collectif des jeunes du parc de Belleville, mégaphone à la main, interpelle la centaine de personnes rassemblées autour de lui, peu avant minuit. Il ne reste qu’une centaine de soutiens dans la rue Papin. Ils tentent de se réchauffer sur le parvis de la Gaîté lyrique pour tenir les quelques heures qui les séparent de l’expulsion des 450 jeunes mineurs isolés vivant dans la salle de spectacle, occupée depuis le 10 décembre.
La plupart sont en attente de recours pour être reconnus mineurs. Un arrêté d’expulsion a été publié par la préfecture, lundi 17 mars en fin de matinée. Ils veulent se donner du courage lors des prises de parole : certains affirment qu’ils n’ont « pas encore perdu », d’autres que ce n’est qu’une « question de rapport de force ». D’autres préviennent : « Il faut rester solidaires sinon on va être envahis par les fascistes. »
L’État nous traite comme si on n’était pas humains.
Depuis le début de l’occupation, les jeunes ont été régulièrement visés par des médias d’extrême droite venus les voir directement, comme Frontières ou CNews. « Il peut y avoir une issue grâce à la mobilisation. » Ils appellent les soutiens à venir dès quatre heures du matin, avant que la police ne boucle le quartier. Le collectif partage sur son compte Instagram l’appel à mobilisation.
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À l’intérieur, des jeunes se reposent. Certains portent un masque. Avec la fatigue et les conditions sanitaires à l’intérieur de la Gaîté, beaucoup ont fini par tomber…
Auteur: Pauline Migevant

