Cet article rédigé depuis La Réunion analyse le traitement colonial des cyclones Chido à Maoré et Garance à La Réunion, à travers les discours médiatiques, les décisions politiques et les réponses institutionnelles qui en ont découlé.
Plus spécifiquement, il met en lumière les mécanismes du pouvoir colonial à l’œuvre dans la première vague d’expropriations suivant le passage des cyclones. Ces mesures interviennent alors que la médiatisation nationale, et donc l’attention de la métropole, s’est déjà estompée. L’étude du cas de la Colline révèle comment, à la faveur de chaque crise cyclonique, le colonialisme parvient à se réaffirmer, se présentant à la fois comme nécessaire et sauveur, tout en renforçant son emprise. Les désastres climatiques deviennent ainsi des opportunités pour une politique coloniale toujours avide de terres.
Plus de 5 mois après le passage du cyclone Garance à La Réunion, l’État et la mairie de Saint-Denis s’apprêtent à concrétiser une vieille volonté d’expropriation des habitant.e.s du Bas de la Rivière, secteur particulier du chef-lieu de la colonie. Depuis jeudi 24 juillet, après des mois de détresse et d’incertitude, une opération de démolition concernant trois habitations est en cours dans le quartier de la Colline.
Implanté au fond du Bas de la Rivière, une ravine traversant l’entrée sud de Saint-Denis, ce quartier a été particulièrement dévasté par les crues de la rivière, arrachant plusieurs maisons avec le terrassement sur lesquelles elles reposaient et laissant des dizaines de familles dans le désarroi. A la violence de l’événement climatique se sont ajoutées celles des administrations silencieuses, des fonds d’aides rechignant à élargir leurs attributions, des récupérations politiquesà l’heure des élections municipales et des reportages qui sortent incomplets et se contentent de portraits misérabilistes…
Cet article souhaite…
Auteur: dev

