Les logiques de pouvoir, les rapports de domination et de valorisation de chaque geste, sentiment ou sourire, trament nos quotidien, maillent nos existences et circulent dans chaque regard triste. On pourrait appeler ça simplement, l’ordre du monde et des kilomètres de littérature et de science nous rappellent à quel point il est hégémonique, à quel point il ne tolère rien d’autre que lui-même. Sauf que s’il y a tant besoin de pouvoir, de domination et de calibrage, c’est précisément parce que la réalité n’est pas capitaliste et que tout, tout le temps, résiste. Le texte qui suit explore cet interstice dans lequel nous sommes finalement peut-être tous, quoi que sur des modalités différentes : vivre en dehors d’un monde qui n’a pas de dehors (ou habiter un monde fondamentalement inhabitable, c’est finalement la même chose). Depuis l’expérience de la lutte, de l’occupation, de la répression et de la vie collective, l’autrice raconte cette ligne de crête : l’inconfort et le doute autant que l’attachement et la détermination. C’est joli, violent et important.
J’en ai ma claque de l’éthique performative. Je suis écoeurée de vos publicités rhétoriques. Et j’ai toujours peur de combattre les généralités stigmatisantes par des généralités naïves. Je n’aime pas les mots trop faciles. Ceux qui prétendent pouvoir tout comprendre. Alors je deviens une connasse condescendante lorsqu’on me jette du tout fait. Des bonnes expressions qui me rappellent ce que je dois être. Je ne me sens pas grand-chose sinon une grosse connasse qui voudrait que tout se foute en l’air, sans être capable de se lever de sa chaise de camping. Pas grand-chose sinon une petite connasse qui se casse et se cache quand ça dérape. Alors j’écris des petites merdes qui sont sûrement, elles aussi, tout ce que je déteste. C’est pas du haut de ma petite vie que je vais effleurer la complexité du monde. Moi j’ai plutôt l’impression d’être ridicule. À être…
Auteur: dev

