Depuis cinq ans, GANGS, un projet financé par le Conseil européen de la recherche et dirigé par Dennis Rodgers, étudie les dynamiques des gangs à l’échelle mondiale. Quand on étudie le phénomène de manière nuancée, les gangs et les gangsters peuvent nous permettre de mieux appréhender le monde dans lequel nous vivons.
Dans cet article, Kieran Mitton nous raconte comment le jeune Gaz est passé des gangs sierra-léonais à la poésie puis l’agriculture. Son parcours remarquable démontre que la voie de la criminalité n’est en aucun cas inéluctable chez les membres des gangs, et que les occasions de se réformer peuvent prendre différentes formes à différents moments.
J’aurais dû apporter de l’eau. Il fait chaud, humide et il n’est même pas midi. Avec un sourire irrésistible, comme à son habitude, Gaz me fait signe de m’asseoir à l’ombre.
Nous sommes en août 2022 et nous venons d’arriver sur ses terres, dans le nord de la Sierra Leone, en Afrique de l’Ouest. Nous sommes venus voir où il en est de sa vie. Rien ne laissait penser qu’il y aurait un jour une ferme à visiter, ni qu’il réaliserait ce rêve. Et pourtant nous y sommes. Contre toute attente, Gaz a réussi son pari.
Ce matin, nous avions quitté son domicile du centre-ville de Makeni, une ville voisine d’un peu plus de 85 000 habitants, la cinquième du pays. Nous avons zigzagué à moto entre les véhicules et les vendeurs de rue, laissant derrière nous le bruit des klaxons et l’odeur enivrante du diesel et de l’huile de palme. Nous avons parcouru la dernière partie du trajet à pied, sur un chemin forestier ombragé, et traversé des ruisseaux où l’eau nous arrivait jusqu’à la taille.
Sous un grand ciel bleu où la verdure luxuriante s’étend à perte de vue, nous sommes dans un paysage idyllique, diamétralement opposé à celui de notre première rencontre. Comment notre ami en est-il arrivé là ? Gaz le fermier…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Kieran Mitton, Reader in Conflict, Security and Development, King’s College London

