Avec l’annonce du lancement de la deuxième phase du cessez-le-feu, on tente de présenter Gaza comme entrant dans une nouvelle ère : une administration palestinienne technocratique et transitoire, la reconstruction, le calme et un discours régional et international suggérant la fin de la guerre. Or, la réalité démontre qu’il ne s’agit pas d’un véritable processus de redressement politique et humanitaire, mais plutôt d’une nouvelle manière de gérer la crise.
Israël l’affirme avec une clarté absolue : il n’y aura ni retrait complet, ni réouverture totale des points de passage frontaliers, ni reconstruction avant le désarmement de la résistance. Autrement dit, l’intention est d’appliquer l’accord en commençant par sa fin. Pour Israël, cette deuxième phase n’est pas politique, mais strictement sécuritaire : démanteler la résistance tout en se réservant le droit d’intervenir militairement lorsqu’il le juge nécessaire, sans calendrier ni garanties pour la levée du blocus.
Dans ce contexte, aucune volonté de reconnaître une véritable souveraineté palestinienne n’est envisagée. Ce qui est proposé, c’est une administration palestinienne des services, subordonnée au contrôle israélien. Ainsi, la reconstruction cesse d’être une obligation éthique et humanitaire pour devenir un instrument de pression et de chantage politique, où la survie quotidienne est garantie en échange de l’abandon des droits nationaux.
La position américaine, malgré son langage « modéré », ne diffère pas fondamentalement de la position israélienne. La reconstruction, le retrait et toute solution politique sont conditionnés par le désarmement de la résistance, comme si la Palestine n’était pas un peuple sous occupation, mais un problème de sécurité. Dans ce contexte, les formules de tutelle internationale ou de « stabilité » refont surface, ce qui signifie en pratique passer de l’occupation directe à…
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