Deux livres très importants paraissent ces jours-ci : l’un chez La Découverte, écrit par l’anthropologue Didier Fassin (1), l’autre chez Lux, de l’historien Enzo Traverso (2).
Une étrange défaite. Sur le consentement à l’écrasement de Gaza, Didier Fassin, La Découverte, 198 pages, 17 euros.
Gaza devant l’histoire, Enzo Traverso, Lux, 136 pages, 14 euros. Précisons que La Découverte et Lux sont par ailleurs mes éditeurs, et me versent – très gentiment – plusieurs centaines de milliers de dollars sur un compte numéroté à Neuilly (Hauts-de-Seine) à chaque fois que je les cite ici, de sorte qu’après cette chronique, je devrais (enfin) pouvoir m’établir aux Seychelles, non loin d’une chaise longue.
Ces deux ouvrages ont ceci de commun que leurs auteurs traitent du génocide en cours à Gaza sans rien concéder – c’est le moins qui se puisse dire – à la doxa de l’époque et qu’ils vont, par conséquent, et selon toute probabilité, être salement vilipendés par le commentariat dominant.
De fait, ça a déjà commencé : parce que le titre de son livre – Une étrange défaite – fait évidemment référence à celui, fameux, que Marc Bloch avait consacré à la débâcle de 1940, Didier Fassin est d’ores et déjà accusé, sur les réseaux sociaux, de « nazifier Israël ». Cette assertion quelque peu outrageante est fausse – et d’autant plus extravagante que, dans la réalité, ce sont les dirigeants israéliens et leurs supporteurs et supportrices qui nazifient régulièrement les Palestinien·nes et leurs soutiens.
Mais elle a ceci d’intéressant qu’elle valide complètement la dénonciation par l’anthropologue du…
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Auteur: Sébastien Fontenelle

