Gaza : du déni à l’occultation. Retour sur un entretien du Monde avec Eva Illouz et Derek Penslar

Si certain·es journalistes du Monde ont pu accomplir un travail remarquable sur la Palestine et le colonialisme israélien, en particulier Clotilde Mraffko et Benjamin Barthe, le quotidien a publié ces derniers mois des entretiens et des tribunes allant de l’inepte à l’abject, au regard de la guerre de nature génocidaire que mène Israël depuis sept mois contre les Palestinien·nes de Gaza.

C’est le cas d’un entretien avec Eva Illouz et Derek Penslar, publié récemment, dans lequel ces derniers·ères réitèrent leurs attaques contre la gauche, accusée de complaisance à l’égard de crimes contre l’humanité. Ces accusations participent du climat maccarthyste qui sévit actuellement en France et légitiment une criminalisation croissante des mobilisations, des organisations et des personnalités solidaires de la Palestine.

L’anthropologue Yazid Ben Hounet analyse cet entretien en soulignant le déni du fait colonial qui le sous-tend, et l’occultation du sort des Palestinien·nes auquel il conduit.

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« Le Monde n’afficha guère plus de sympathie pour les manifestants. Les colonnes de ce journal évoquaient une foule nombreuse et menaçante, déferlant par vagues et suscitant la stupéfaction et la crainte chez les Parisiens. L’un de ces derniers, Guy Chevalier, un simple passant, était l’un des trois morts du bilan officiel. Ce fut la seule victime dont le journal précisa l’identité ; les deux autres, des musulmans, restèrent dans l’anonymat » (Maillot, 2001 : 27).

« Dans sa prudence, Le Monde adopta un discours similaire à celui du Figaro, qui tendait à déresponsabiliser l’Etat et ses représentants. Ces deux quotidiens n’hésitèrent pas à faire du F.L.N. le principal acteur du drame, ôtant de cette façon toute légitimité à la manifestation elle-même. « Le F.L.N. ne manquera pas d’exploiter les sanglants incidents de Paris et les atroces ‘ratonnades’ d’Oran….

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Auteur: redaction