Gaza : du déni à l'occultation

« Le Monde n’afficha guère plus de sympathie pour les manifestants. Les colonnes de ce journal évoquaient une foule nombreuse et menaçante, déferlant par vagues et suscitant la stupéfaction et la crainte chez les Parisiens. L’un de ces derniers, Guy Chevalier, un simple passant, était l’un des trois morts du bilan officiel. Ce fut la seule victime dont le journal précisa l’identité ; les deux autres, des musulmans, restèrent dans l’anonymat » (Maillot, 2001 : 27).

« Dans sa prudence, Le Monde adopta un discours similaire à celui du Figaro, qui tendait à déresponsabiliser l’Etat et ses représentants. Ces deux quotidiens n’hésitèrent pas à faire du F.L.N. le principal acteur du drame, ôtant de cette façon toute légitimité à la manifestation elle-même. « Le F.L.N. ne manquera pas d’exploiter les sanglants incidents de Paris et les atroces ‘ratonnades’ d’Oran. Pourtant, il en porte la responsabilité puisque ici et là c’est le terrorisme musulman qui est à l’origine de ces drames » » (Maillot, 2001 : 30)

Le 17 octobre 2023, quelques jours après le 7, j’avais transmis, sur la liste électronique de discussions internes à l’EHESS, un petit texte en mémoire du 17 octobre 1961, en conseillant, notamment pour prendre un peu de recul avec « l’actualité tendue du moment », la lecture de l’article d’Agnès Maillot, « La Presse française et le 17 octobre 1961 », publié en 2001. Je recommandais également le documentaire de Daniel Kupferstein, « 17 octobre 1961, dissimulation d’un massacre », réalisé la même année (2001).

J’avais pensé que l’évocation de ce crime de l’histoire coloniale française, perpétré qui plus est sous les balcons de beaux quartiers parisiens et jusque Nanterre (et les environs), serait de nature à faire réfléchir les étudiantes et étudiants, la présidence et les collègues de l’EHESS (et des centres de…

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Auteur: dev