Être français, par les temps qui courent, vous recouvre de crasse. Que le gouvernement d’extrême droite israélien s’adonne au nettoyage ethnique, c’est une chose ; que le gouvernement français lui fasse les yeux doux, c’en est une autre. Nous l’avons dit : nul ne doit attenter à la vie des civils. Nous l’avons dit : la mort des civils israéliens nous plonge dans la peine. Nous l’avons dit : les actes antisémites qui s’ensuivent, en France comme ailleurs, sont pure saloperie. Et nous le disons sans la moindre intention rhétorique. Car l’heure n’est plus qu’au parler net.
La journaliste israélienne Amira Hass vient de confier que le sentiment de désespoir qui la saisit, de désespoir et de colère, « grandit de jour en jour, de minute en minute ». Nous ne dirons pas mieux. La journaliste voit son pays massacrer une population civile au grand jour – plus de 7 000 assassinats, dont près de 3 000 enfants, en ce 27 octobre 2023. Et nous, ici, voyons le nôtre s’en satisfaire. La présidente de l’Assemblée nationale, escortée d’un député suprémaciste, a fait savoir lors de son escapade israélienne que « rien ne doit empêcher Israël de se défendre ». Rien, donc pas même une épuration de masse mondialement condamnée. Quelques jours plus tard, le président Macron redonnait à Jérusalem du « Cher Bibi » au messianique Netanyahu et, tout à cette incompétence dont lui seul a le secret, priait la coalition internationale contre Daech de venir à sa rescousse.
Après tout, comme le note l’ancien ambassadeur israélien à l’ONU, les Palestiniens sont d’« horribles animaux inhumains ». La métaphore était peu auparavant mobilisée par le ministre israélien de la Défense en personne : « Nous combattons des animaux humains et nous agirons en conséquence. »
Pendant ce temps, la France chasse ses sorcières. Le bûcher pour qui appelle à la justice. Les manifestations en soutien aux…
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Auteur: Joseph Andras

