Il faut prendre pour ce qu’elle est, et sans barguigner, cette trêve, conclue au Qatar ce 15 janvier. C’est-à-dire d’abord une délivrance pour le peuple de Gaza après 15 mois d’enfer, et près de 50 000 morts. Et une bonne nouvelle, évidemment, pour les 33 otages israéliens qui vont être libérés et les mille Palestiniens qui vont sortir de prison où ils étaient détenus, souvent sans procès ni justice. Dans l’immédiat, que des bonnes nouvelles donc. Mais les conditions dans lesquelles cette trêve a été obtenue inquiètent, et plus encore l’idéologie de son principal acteur. C’est la paix de Trump. C’est lui et son envoyé spécial ultra pro-israélien qui ont convaincu Netanyahou de lâcher prise, en prenant le risque politique, pour l’instant en suspens, de briser son alliance avec les leaders d’extrême droite.
Dès le 16e jour, qui devrait être marqué par l’ouverture d’une négociation sur l’avenir de Gaza, tout est à craindre.
Si le premier ministre israélien a accepté de Trump, à la veille de son investiture, exactement ce qu’il refusait à Biden depuis le mois de mai, c’est en raison de sa proximité politique avec le nouveau président américain. C’est, on l’imagine facilement, avec la promesse d’un soutien de la Maison Blanche pour l’accomplissement du projet sioniste historique dont Netanyahou et ses alliés sont les porteurs. Au programme, sans nul doute, une annexion rampante ou brutale de la Cisjordanie. Aux antipodes d’une avancée vers un règlement en profondeur du conflit israélo-palestinien. On imagine que c’est le discours qui a été tenu aux extrémistes Ben-Gvir et Smotrich qui, 24 heures plus tôt, ne voulaient à aucun prix d’une trêve. Avec, qui plus est, la promesse d’un retour sur Gaza au premier prétexte.
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Auteur: Denis Sieffert

