Le « plan Trump » du 9 octobre 2025 instaure une trêve précaire à Gaza, prévoyant la libération d’otages, l’acheminement de l’aide humanitaire et un retrait partiel de l’armée israélienne. Mais ce « château de sable » résistera-t-il aux tempêtes ?
Miné par l’influence des donateurs sionistes, les manœuvres de Trump pour sauver Netanyahou et les provocations de Charm el-Cheikh, ce plan – hanté par les échecs d’Oslo et de 2014 – risque de n’être qu’un énième mirage géopolitique.
Au-delà de ces fragilités, une analyse approfondie s’impose. Pour en évaluer les chances de succès ou les risques d’échec, il convient d’examiner cette initiative à l’aune des dynamiques régionales, des perspectives de chaque acteur et des principes intangibles du droit international.
Le Contexte : Une Trêve Ambitieuse mais Précaire
Après deux ans de guerre dévastatrice – plus de 67 000 morts palestiniens, des dizaines de milliers de blessés, une Gaza en ruines –, le plan en 20 points de Trump, annoncé fin septembre, promet la création d’une « zone déradicalisée et sans terrorisme ».
La phase 1, effective depuis le 10 octobre, comprend :
La libération des otages israéliens vivants (dont 20 le 13 octobre, ainsi que des dépouilles) ;
L’échange de 2 000 prisonniers palestiniens, dont 250 condamnés à perpétuité, ainsi que tous les enfants et les femmes ;
Un retrait partiel de l’armée israélienne (53 % de Gaza restant occupé) ;
Une aide humanitaire sans restrictions et la réouverture du poste-frontière de Rafah ;
La mise en place d’un « Board of Peace », présidé par Trump, supervisant le processus avec un comité transitoire de technocrates palestiniens pour l’administration intérimaire de Gaza ;
Le déploiement prévu d’une force de sécurité arabe internationale, sous l’égide de l’ONU, assorti d’une amnistie pour les membres du Hamas optant pour la paix ou l’exil,…
Auteur: Mounir KILANI

