On me pardonnera d’évoquer ici une activité parallèle à l’écriture hebdomadaire de cette page. En un mois, il m’a été donné de plancher devant près de cinq cents personnes sur ce sujet qui nous occupe tous : Gaza, ses massacres, sa honte pour notre monde. Chaque exposé est évidemment suivi d’un feu roulant de questions, toutes d’une grande pertinence, et empreintes de beaucoup de dignité. Mais je me heurte chaque fois à la même critique qui surgit en toute fin de soirée : et l’espoir ? Vous oubliez l’espoir !
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La vérité, c’est que la situation est désespérante. On en est au moins à 35 000 morts, des femmes, des enfants, des civils, un territoire anéanti, une famine organisée, un nettoyage ethnique sans fin et sans issue, des otages israéliens sacrifiés, et des criminels impunis, voire armés par les puissances occidentales, et protégés par un système inusable qui calomnie toute critique d’un gouvernement israélien pourtant égal en racisme à ce que fut jadis le pouvoir afrikaner sud-africain. Et désespoir pour désespoir, une colonisation qui redouble en Cisjordanie.
Or, voilà que quelques lueurs d’espoir vacillent dans la nuit. La mobilisation des campus américains, le « cri du cœur » des étudiants de Sciences Po, pour reprendre la belle formule de Me Henri Leclerc, ont donné un coup d’arrêt à la résignation. Du côté de l’espoir, il faut aussi parler de la crise qui secoue la société israélienne elle-même. Certes, les mobilisations pour la démission de Netanyahou et pour le cessez-le-feu ne sont pas dépourvues d’ambiguïtés, mais faisons le pari que mûrit douloureusement une nouvelle conscience politique brisée par…
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Auteur: Denis Sieffert

