Disons que le hasard fait mal les choses. Quelques heures seulement après que la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye eut rendu, le 27 janvier, un verdict qui est loin de laisser Israël indemne de l’accusation de génocide, un événement est venu occuper bruyamment l’espace médiatique. On apprenait que des employés de l’UNRWA, l’agence onusienne en charge de l’aide humanitaire dans les territoires palestiniens, étaient soupçonnés de complicité avec le Hamas dans l’attaque du 7 octobre. Mais ce n’est pas tant ce soupçon que ses conséquences immédiates – trop immédiates – qui laissent songeur.
C’est L’UNWRA qui documente le caractère génocidaire de la guerre israélienne.
À peine l’information révélée, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, le Canada, le Japon, suivis d’une France hésitante, ont annoncé la suspension de leur aide à l’institution onusienne. Réaction d’autant plus étonnante que le forfait ne concernerait que douze employés d’une agence qui en emploie plus de 13 000, et alors que la direction de l’UNRWA venait elle-même de diligenter une enquête et de licencier les suspects. Et tant pis pour les conséquences humanitaires de cette décision, au moment où l’aide de l’UNRWA est vitale – plus que jamais sans doute depuis la création de l’agence en 1949.
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Alors que la population de Gaza, anéantie sous les bombes, privée de soins, d’eau potable et de comestibles, est en proie à une campagne de bombardements massifs, l’agence onusienne est l’ultime bouée de sauvetage. Elle a déjà payé un lourd tribut à sa mission puisque 133 de ses employés ont péri sous les bombes. L’acharnement occidental ne connaît…
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Auteur: Denis Sieffert

