Gendarme, policier, agent pénitentiaire, vigile, policier municipal… la palette des métiers de la protection publique et privée qui cherchent à recruter est vaste. Le contexte tendu du marché français de l’emploi entraîne des difficultés quant à la quantité et la qualité des recrues. Une situation qui peut potentiellement soulever des risques en matière de compétences ou de sécurité intérieure.
En 2007, le réalisateur états-unien Martin Scorsese obtenait l’Oscar du meilleur film pour les Infiltrés dans lequel un policier entrait sous couverture dans une organisation mafieuse. Cette situation classique se trouvait compliquée par la présence symétrique d’un criminel au sein des forces de l’ordre. Si personne n’a repéré cet ennemi intérieur, c’est parce que, de façon audacieuse mais ingénieuse, il s’est fait recruter tout à fait normalement, en passant les épreuves d’admissibilité, puis les tests d’admission et, enfin, en suivant le parcours de formation à l’école de police.
C’est de la fiction, pourrait-on penser. Pourtant, en octobre 2024, le journaliste Guillaume Daret alertait sur la manière dont, en France, les réseaux criminels placent leurs recrues parmi les gardiens de prison en les faisant postuler aux concours de recrutement de l’administration pénitentiaire. En cas de succès, les activités illicites peuvent perdurer sans mal.
Cette situation illustre combien le recrutement est un sujet déterminant pour les forces de l’ordre. Il est au cœur de notre analyse du marché de la sécurité.
Des besoins de recrutement en forte hausse
Les forces de l’ordre sont confrontées depuis plusieurs années à de forts besoins de recrutement. Cela tient à la fois à de nouveaux postes ouverts, mais aussi et surtout à des départs, soit liés à la retraite des personnels, soit du fait de désirs de reconversion. Dans sa dernière analyse de l’exécution budgétaire, la Cour des comptes…
Auteur: Joan Le Goff, Professeur des universités en sciences de gestion, IAE Paris-Est

